En projetant l’encre sur le papier, je vois se dessiner d’un trait sûr et assumé, bizarre et né du hasard de mon geste parfois maladroit, des formes que je trouve parfaites car elles pensent mes idées mieux que moi et me les racontent sans que je ne les comprenne tout à fait.

Mais aussi fugitives que peuvent être les pensées, l’encre coule, divague et s’infiltre, le papier gondole, se gorge par capillarité, lâche prise, perd le fil et parfois, il fusionne avec la table en séchant.

L’encre vieillit mal, elle devient une croûte qui craque et se fend puis tombe en poussière qu’un souffle disperse.

La couche d’encre lancée sur mon esprit n’a pas suffi, il s’est échappé.

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